Ce qu’il s’est réellement passé au lycée Malherbe le 18 septembre

Dans le sillage du mouvement du 10 septembre et de la journée de mobilisation intersyndicale du jeudi 18 septembre, des lycéens·nes ont décidé d’essayer de bloquer le lycée Malherbe pour protester contre la politique d’Emmanuel Macron.

Le matin, ils et elles ont donc tenté de bloquer l’entrée principale du lycée - tout en laissant les autres portes libres d’accès - puis la route devant le lycée, sous les yeux d’une dizaine de personnes du service de sécurité du rectorat, de quelques policiers et de l’équipe de direction. Avant même l’arrivée des lycéen·nes, le proviseur avait fait venir la police, qui est intervenue très violemment pour déloger les lycéens·nes. Pendant cette intervention particulièrement musclée, marquée par de nombreux coups de matraques et l’usage de gaz lacrymogène, le proviseur en a profité pour ramasser subrepticement plusieurs sacs que des lycéen·nes avaient laissés à l’extérieur du lycée suite à leur départ précipité.

Il a alors appelé la police pour qu’elle procède à une fouille de ces sacs et à un relevé d’identité. Ce sont des policiers de la BAC qui ont fait les relevés sur place. Ils ont rapidement rendu trois sacs à des élèves qui étaient resté·es pour les récupérer mais, le proviseur a gardé en sa possession les autres sacs, dont certains appartenaient à des élèves d’autres établissements.

Pendant le repas du midi, des parents d’élèves et les élèves qui ont été mis·es au courant de la situation ont appelé le rectorat et la DSDEN pour les en informer. Une manifestation de protestation a été organisée vers 14h30 et une quarantaine de personnes s’est dirigée vers le lycée Malherbe pour protester contre l’intervention policière violente de la matinée et récupérer les sacs « empruntés ». Aucun·e, nous le répétons, aucun·e manifestant·e n’est entré·e dans le lycée, malgré les dires de la direction. Certes, deux personnes un peu excitées ont tapé dans les portes vitrées de l’entrée mais elles ont aussitôt été retenues et mises à l’écart par les lycéens·nes. Cependant, le proviseur a tout de même déclenché le Plan Particulier de Mise en Sécurité anti-intrusion et opéré un confinement disproportionné d’une demi-heure, créant l’angoisse chez les élèves présent·es en classe. La manifestation a finalement été dispersée et les sacs étaient toujours en possession du proviseur le lendemain.

Loin de calmer les esprits déjà échauffés par le contexte socio-économique actuel, la Direction du lycée Malherbe n’a fait qu’envenimer la situation en appelant immédiatement la police sans tenter de négocier avec les lycéen·nes, ce qui a donné lieu à des violences inadmissibles, puis en montant en épingle une pseudo-tentative d’intrusion. Lors de l'agression au couteau d'une enseignante dans ce même lycée le 22 septembre 2022, le PPMS n'avait pas été déclenché. On appréciera le deux-poids deux-mesures.

Le syndicat SUD éducation Calvados dénonce la gestion hasardeuse et alarmiste du mouvement lycéen légitime qui a touché le lycée Malherbe en cette période de mouvement social. Nous nous réservons le droit d’interpeler la rectrice à ce sujet.

Nous demandons par ailleurs à tous·tes les membres de la communauté éducative du lycée Malherbe de rester vigilant·es face à la gestion future d’événements similaires par la direction de l’établissement qui n’en est pas à son coup d’essai, et à d’éventuelles sanctions qui pourraient s'appliquer aux élèves ayant participé au mouvement de protestation et/ou au filtrage des entrées de l’établissement.