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Sélection en Master :

de moins en moins floue, de plus en plus nuisible


Suite à la loi du 24 décembre instaurant la sélection à l’entrée du master (joyeux Noël 2016 les étudiant-e-s !), le gouvernement dévoile peu à peu le second volet de sa réforme : le “droit à la poursuite d’études”. En parallèle les universités définissent les “capacités d’accueil” de leurs masters.


Alors que certaines organisations, comme l’UNEF, nous vendent un nouveau droit étudiant, la réalité du “droit à la poursuite d’études “ est bien moins alléchante, selon le projet de décret du Ministère. En effet ce droit, qui concerne les étudiant-e-s qui auront été refusé-e-s dans les Masters de leur choix, ne tiendra compte que d’une simple “compatibilité” entre mentions de licence et de masters. Les étudiant-e-s refusé-e-s auront un délai très court pour faire une demande en ligne via un portail de type APB (trouvetonmaster.gouv.fr). Le portail leur proposera théoriquement 3 voeux, dont un dans la même région, en lien avec la “compatibilité” évoquée plus haut et avec le “projet professionnel” de l’étudiant-e. Cependant, tou-te-s les étudiant-e-s n'ont pas un projet professionnel défini et consolidé à l’issue de leur licence, diplôme qui n’a pas une vocation professionnalisante en théorie.


Pour les étudiant-e-s, le danger est triple : être contraint-e de changer de région, avec les coûts que cela implique, être envoyé-e dans des masters n’ayant qu’un lien ténu avec le cursus de licence suivi, être enfermé-e dans un “pseudo projet professionnel”, sans possibilité d’évoluer. Le tout dans un “droit” dont la durée est limitée à 3 ans et qui est “assuré” par une usine à gaz dont la complexité promet d’égaler APB : cela promet de beaux contentieux juridiques.


Pour aggraver la situation, le recours doit se faire suite au refus. Si on tient compte que dans certains cas il existera des listes d'attentes, le refus définitif viendra tard dans l'année. Si on ajoute le temps que mettra le rectorat pour renvoyer les propositions, les étudiant-e-s se retrouveront avec des délais courts pour ne pas dire intenable pour effectuer l'inscription administrative, procéder aux demandes de bourses, chercher un logement le cas échéant. Les étudiant-e-s seront confronté-e-s à un système qui leur laissera peu de visibilité et de sécurité pour suivre sereinement leurs Masters.


Dans le même temps, les universités obéissent docilement au Ministère et font remonter doucement mais sûrement leurs capacités d’accueil en M1. Dans de nombreux cas, il y aura moins de places en M1 qu’il n’y aura de diplômé-e-s de licence dans la même discipline, nous avons écho de promotions de 150 étudiant-e-s de L3 qui sont suivies d'un M1 avec une capacité d'accueil fixée à 35, dont 30 réservé aux redoublant-e-s ! Les premiers retours sont déjà alarmants, et appellent à une mobilisation collective des étudiant-e-s pour défendre leurs droits.


Solidaires Étudiant-e-s rappelle son opposition la plus ferme à la loi du 24 décembre 2016 et à la sélection à l’université en général. Sélectionner, c’est masquer le manque de moyens de l’enseignement supérieur et renoncer à un enseignement public de qualité pour tou-te-s.


Solidaires étudiant-e-s, syndicats de luttes - Porte-parolat : 06.86.80.24.45 - http://www.solidaires-etudiant-e-s.org/ - contact@solidaires-etudiant-e-s.org


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