Les technocrates du HCERES
en tournée à l’Université de Caen - Normandie
Fais ton auto-critique, camarade !

 

Un vent sibérien souffle sur l'université de Caen depuis plusieurs mois. Après l'auto-évaluation, fleurant bon l’auto-discipline bureaucratique érigée en dogme en d’autres époques et en d’autres lieux, les expert-e-s du Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur (HCERES) – ouf, rien que ça ! – sont dans nos murs. L’objectif affiché est d’améliorer la performance et la qualité des activités de recherche et de formation par l’évaluation de l’organisation et des résultats de l’établissement ainsi que des structures de recherche. Ce mauvais moment à passer se fera en toute indépendance et en toute bienveillance. Nous voilà rassuré-e-s…


Nécessaire complément de l’autonomie autoritaire et austéritaire que nous subissons depuis l’adoption de la loi LRU, l’évaluation par le HCERES cherche à attiser la compétitivité des (grandes) universités françaises et à récompenser « les plus performantes » (et donc à sanctionner les autres). L’évaluation vise aussi et surtout à imposer localement une gestion comptable des maigres financements ministériels et à inculquer au personnel les principes du nouveau management public.


Il suffit pour s’en convaincre de regarder le référentiel émis par l’autorité. L’évaluation s’attarde longuement sur le fonctionnement (Domaine 1 : La stratégie et la gouvernance et Domaine 6 : Le pilotage) par rapport aux missions proprement dites de l’université. Le message est clair : « on va vous guider vers les bonnes pratiques », c’est-à-dire comment faire mieux avec moins ! Au-delà de la perte d’énergie et de temps, l’évaluation s’appuie sur des procédures et des critères abscons, auxquels personne ne croit, mais qui, à force d’être martelés, facilitent la rééducation du personnel. En route vers l’infantilisation et l’abêtissement de tou-te-s !

 


L’indépendance de l’évaluation fait sourire lorsque l’on connait les modalités de fonctionnement du HCERES. Nommé-e par le/la ministère, le/la président-e désigne ensuite les directeurs-trices de l’agence. Indépendance, on vous dit !


En ces temps de rigueur budgétaire, cet instrument politique se porte très bien. Le HCERES a vu son budget passer de 5,1 millions en 2007 à 15,3 millions en 2014 ! L’agence dispose ainsi de 70 agent-e-s administratifs-ves permanent-e-s (dont un peu plus de la moitié de contractuel-le-s…), de 110 délégué-e-s scientifiques détachés et d’un vivier de 10 000 « expert-e-s », chercheur-e-s et enseignant-e-s - chercheur-e-s (dont 3 500 mobilisé-e-s chaque année). Là, pas question de gels de postes apparemment !


Nous tenons tout particulièrement à remercier ces collègues technocrates pour leur participation active au démantèlement du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche ! Nous ne doutons pas que leur investissement zélé sera rétribué à sa juste valeur et permettra de renforcer leurs réseaux de pouvoir et leurs privilèges dans l’institution.

 

SUD Éducation revendique
la dissolution du HCERES et l’abrogation de la loi LRU !


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