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Déclaration liminaire de SUD Éducation

CTSD du 26 mars 2019

 

Ce CTSD, examinant notamment la carte scolaire du premier degré du département du Calvados, s’ouvre dans un contexte où les attaques contre l’école, ses personnels et ses usagers sont légion. La loi Blanquer actuellement discutée à l’Assemblée Nationale illustre la volonté du pouvoir d’imposer sa vision de l’école, autoritaire et rétrograde. Autoritaire comme le montre le maintien de l’article 1 du projet de loi qui est une attaque frontale contre les droits des fonctionnaires garantis par la loi n°83-634 portant droits et obligations des fonctionnaires. Rétrograde comme en témoigne l’adoption d’un amendement absurde imposant la présence du drapeau français dans toutes les salles de classe.

 

Alors que l’attention et le débat se concentrent sur les surenchères réactionnaires du gouvernement, ce dernier poursuit sa politique d’austérité budgétaire, dont nous sommes particulièrement victimes dans le département du Calvados. En effet, même si nous connaissons une légère baisse démographique, il faut continuer le dédoublement des classes CP et CE1 en éducation prioritaire et les moyens nécessaires sont considérables. La seule solution de l'administration est alors d'aller à la pêche aux postes : 77 fermetures prévues pour 36 ouvertures, soit 41 classes fermées. C’est aussi la disparition des 19,5 postes PDMQC, qui signe la fin de l’engagement des collègues dans ces dispositifs. Nous ne pouvons admettre cet état de fait d'autant que les prévisions de l’administration pourraient être largement en deçà de la réalité.

 

La logique imposée aux personnels reste toujours la même : faire mieux avec moins : c’est-à-dire retirer des moyens d’un côté pour les attribuer ailleurs. Nous pouvons évoquer de nombreux problèmes liésà ce manque de moyens dans notre département : - Le manque de postes a des conséquences négatives sur de nombreuses écoles rurales qui se retrouvent avec des effectifs très importants, qui plus est sur des classes à plusieurs niveaux,

  • Le manque de postes a des conséquences négatives dans des écoles relevant de l’éducation prioritaire. La mesure médiatique des CP/CE1 à douze élèves se fait souvent au détriment des autres niveaux.
  • Le manque de postes amène l’administration à faire des prévisions d’effectifs anormalement basses (comme à l’école d’Houlagte) ou à ne pas tenir compte de l’évolution démographique. Ces choix, s’ils sont maintenus, laissent présager des classes surchargées en septembre.
  • Le manque de postes a conduit l’administration à supprimer l’ensemble des postes de PMC (maîtres supplémentaires). Pourtant, l’organisation de ces postes reposait sur une fiche de poste et de missions précises (circulaire du 18-12-2012). L’administration les supprime sans prendre le temps de faire le bilan d'un tel dispositif qui semblait être pédagogiquement pertinent. Rappelons que ces postes sont très importants et qu’ils avaient été maintenus dans certaines écoles présentant des situations spécifiques mais ne relevant pas de l’éducation prioritaire. Dans ces écoles, ces suppressions inquiètent fortement, et à juste titre, les équipes éducatives.
  • Le manque de postes amène également l’administration à favoriser les regroupements et les fusions d’écoles. Et cela quand bien même les personnels se sont clairement opposés à cette démarche.
  • Le manque de postes, en revanche, ne semble pas ralentir l’inflation de création de postes spécifiques à l’intitulé technocratique et porteurs d’iniquité dans le cadre du mouvement des enseignant-es car attribués hors barème. Ce type de postes et leur nombre croissant ne montrent aucun élément positif tant pour les personnels que pour les usagers et usagères, c’est pourquoi nous remettons en cause leur existence.

Face à ces réalités on nous opposera toujours des comptes de boutiquiers, des chiffres à deux décimales, des ajustements en guise de cache-misère... Tout cela pour tenter de démontrer que tout va très bien, que les moyens sont suffisants. On nous expliquera ensuite que le «problème ce n’est pas les moyens, ce sont les pratiques pédagogiques».

 

Pour SUD Éducation ces arguments sont nuls et non avenus. Ils sont contredits par la réalité même du terrain. Les personnels vivent les conséquences du manque de moyens au quotidien, ils s’en accommodent, fournissent plus de travail, compensent, s’épuisent... au détriment de leurs conditions de travail et de leurs conditions de vie. C’est grâce au professionnalisme des personnels que l’institution continue à fonctionner. Dans ce contexte, oser affirmer que les problèmes de l’école peuvent être résolus par la remise en question du savoir-faire professionnel des personnels relève d'un profond cynisme.

 

Par ailleurs, votre projet de modifications du mouvement des enseignant-es du 1er degré présenté lors de ce CTSD amène de notre part des observations critiques sur les conséquences que celles-ci auront sur les conditions de travail de nos collègues.

 

La première orientation c’est un mouvement en une seule phase : une seule saisie de voeux, une seule opération d’affectation et éventuellement, à la marge, des affectations complémentaires. Penser que cela peut fonctionner est le signe d’une volontaire méconnaissance des besoins dans l’enseignement du 1er degré. La seconde orientation, liée à la première, c’est l’affectation à titre définitif. L’obligation de saisir des voeux « larges » pour les enseignant-es sans poste devant participer au mouvement va engendrer mécontentements, insatisfactions voire souffrances au travail pour celles et ceux qui pourraient ainsi se retrouver « prisonniers ou prisonnières » pendant plusieurs années d’un poste obtenu sur un voeu large forcé dans des conditions qui dépassent largement les dispositions prévues par la note ministérielle (6 voeux au niveau du département quand la note ministérielle n'en prévoit qu'un).

 

De plus nous contestons la double peine des enseignant-es ayant subi une fermeture de classe, qui en plus de la perte de leur affectation, pourraient être nommé-es à titre définitif à partir d’un voeu large forcé sans maintien des points de priorité pour participer au mouvement de l’année suivante et obtenir une affectation choisie.

 

La création en nombre de postes de titulaires de secteur, pour toujours plus d’affectations à titre définitif, ne doit pas se faire au détriment des enseignant-es. Nous nous opposons à la mise en place de coquilles vides rattachées à une circonscription dont les enseignant-es ne connaîtraient la composition pour l’année à venir qu’après y avoir été affecté-es. À la lumière de l’ensemble de ces éléments SUD Éducation votera contre la proposition de carte scolaire de l’administration et contre les règles du mouvement intra-départemental ainsi établies. Nous appelons l’ensemble de la profession à construire la mobilisation, y compris en s’emparant du préavis de grève déposé par la Fédération SUD Éducation, pour l’augmentation générale des moyens alloués au service public d’Éducation et contre les réformes rétrogrades et autoritaires que l’on voudrait nous imposer.


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