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Déclaration de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Comité Technique Spécial Départemental
10 octobre 2019

 

 

 

 

La rentrée 2019 aura été tristement marquée par un suicide de plus, de trop, au sein de l’Éducation Nationale : notre collègue, Christine Renon, a choisi de se donner la mort trois semaines seulement après la rentrée, sur son lieu de travail, laissant une lettre mettant clairement en cause ses conditions de travail. Elle explique les conditions difficiles d’exercice du métier d’enseignant.e, l’impossibilité de faire face à l’ensemble de ses responsabilités avec les moyens mis à disposition et le manque de soutien et de protection que devrait nous apporter notre institution, et ce malgré un profond attachement à sa mission, à ses élèves et leur familles, à ses collègues. Ce tragique événement n’est malheureusement pas isolé puisque ce ne sont pas moins de trois suicides que nous déplorons au sein de l’Éducation Nationale depuis le mois de septembre.

 

 

Il y a 4 ans, le 15 octobre 2015, on pouvait lire dans le Journal Officiel du Sénat que le taux de suicides dans l’Éducation Nationale était 2,4 fois plus élevé parmi les enseignant.e.s que pour la moyenne des salarié.e.s. SUD Éducation rappelle une fois de plus que l’Éducation Nationale se doit en tant  qu’employeur de « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » comme le prévoit le Code du travail. Qu’a-t-il été fait depuis la publication de ce constat sénatorial ? Combien d’autres drames faudra-t-il encore pour que notre ministère reconnaisse sa responsabilité dans la souffrance au travail des personnels et prenne des dispositions nécessaires pour faire diminuer significativement celle-ci ?

 


Si le gouvernement en place veut vraiment améliorer nos conditions de travail, alors il est urgent de mettre fin au management pathogène, cause directe de la souffrance au travail et du suicide des personnels, de cesser la politique d’austérité budgétaire et de mettre des moyens dans le service public d’Éducation nationale et laïque. C’est encore et toujours la politique à budget constant (ou quasi constant) qui gouverne. Dans cette logique, on ne peut globalement que prendre aux uns pour donner aux autres, l’administration laissant entendre que certaines écoles et certains établissements vivraient au-dessus de leurs moyens, ce qui serait inéquitable pour les écoles et collèges à effectifs importants. Nous refusons cette logique d’opposition : au principe d’une prétendue "réalité" (traduisez « les caisses sont vides »), nous opposons le constat suivant vérifié scientifiquement et sur le terrain : on travaille mieux avec des effectifs moins chargés. À SUD éducation nous considérons cet argument comme une condition préalable à un enseignement de qualité. Même le ministère reconnaît qu’un faible nombre d’élèves en classe permet de mieux apprendre, en témoignent les dédoublements de CP et CE1 en REP et REP+. Mais il ne faut pas que ces dédoublements s’opèrent au détriment des autres structures. Cela ne peut se faire qu’en créant des postes en nombre, ce qui est possible quand on sait que 60 à 80 milliards d’euros issus de l’évasion fiscale échappent au budget du pays chaque année.


De l’argent il y en a, des postes il en faut. La formule est simple, et cela ne relève pas de l’utopie, comme notre administration se plaît à le prétendre.


Concernant le Calvados, ce sont de trop nombreuses classes et sections qui restent avec des effectifs trop chargés. L’Éducation n’est pas une  marchandise, et faute de moyens alloués, nous rappelons que les services publics tiennent uniquement grâce au dévouement et à l’implication des  travailleurs et des travailleuses parfois découragé.e.s et à bout de souffle.


Quant à la circulaire du 5 juin dernier, présentée par les ministres Blanquer et Cluzel comme une grande avancée pour les personnels, elle n’est que de  la poudre aux yeux. Pour les AESH, c’est toujours la précarité qui est à l’ordre du jour. Toujours incapable de proposer un statut pérenne et statutaire,  incapable de débloquer les moyens de répondre aux besoins des élèves et de leur famille, M. Blanquer se retranche, avec la création des PIAL, dans une stratégie d’optimisation des ressources au mépris des conditions de travail des AESH et des élèves qu’elles et ils suivent. Là où une solution individuelle est nécessaire, le ministre répond « mutualisation » ! Les économies ne doivent se faire ni au détriment des conditions de travail, ni à celui du service  rendu.

 

À SUD Éducation, le bilan de rentrée a déjà été fait :


C’est une toute autre qualité de vie au travail que nous exigeons et nous refusons que le travail engendre des situations de souffrance au quotidien, notamment par des demandes, des prescriptions et autres injonctions, le plus souvent dans l’urgence qui font perdre le sens de nos métiers.


Nous revendiquons toujours une autre école, publique, gratuite, laïque, émancipatrice et inclusive pour toutes et tous les élèves !

 


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