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Chronique de l'Université à l'heure de l'"autonomie" #3

SUD Education Calvados - 27 novembre 2019

 

 

Bientôt un « acte II » de l’«  autonomie » ?


L’université est donc confrontée à des mutations profondes depuis l’application des RCE, mais il semblerait que nous ne soyons pas au bout de nos peines. Lors du colloque annuel de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), qui s’est tenu en Bretagne en mars dernier, la ministre de l’ESR, affirmant que « l’autonomie est un acquis, un socle que nul ne songerait à remettre en cause », avance que le « temps est donc peut-être venu, dix ans plus tard, d’un « acte II » de l’autonomie », notamment sur les « questions d’emplois, de carrière et de gestion des ressources humaines ». Embrayant le pas à la ministre, la CPU a tôt fait de publier ses recommandations pour une « approche proactive de l’autonomie », notamment dans le recrutement et la gestion des carrières du personnel. Cet acte II passerait par :
« - la suppression de la qualification, et la révision de l’ensemble de la procédure de recrutement des enseignant.e.s-chercheur.e.s ;
- des promotions décidées localement en s’appuyant sur un processus d’évaluation transparent ;
- un assouplissement du cadre des missions des enseignant.e.s-chercheur.e.s et de la comptabilisation de leurs activités, la règle des services de 192h TD équivalent présentiel, de plus en plus en décalage avec les nouvelles pratiques pédagogiques, devenant obsolète ».

Même son de cloche du côté des technocrates ministériels. Le dernier rapport de l’Inspection Générale des Finances (IGF) et de l’Inspection Générale de l’Administration de l’Éducation Nationale et de la Recherche (IGAENR) avance que « les universités disposent de marges de manœuvre inexploitées pour piloter leur masse salariale » afin d’améliorer leurs indicateurs de performance. Ces gisements de croissance résident dans « les départs en retraite des titulaires d'ici à 2021 » et dans « l'optimisation du temps de travail des BIATSS et des enseignants ».

Voilà le sort qui nous est réservé dans les prochaines années : réduction accrue des effectifs et augmentation de la charge de travail pour tout le monde, recrutement et évaluation locaux des enseignant.e.s chercheur.e.s ainsi que retour de la modulation des services… Mesures d'ailleurs contenus dans les rapports en prévision du vote sur la loi de programmation pluriannuelle de la Recherche.

La perspective d’une Université normande « autonome »


Les mutations évoquées dans les deux précédentes chroniques laissent entrevoir ce à quoi pourrait donner lieu la fusion des universités normandes. Un aperçu peut déjà être trouvé dans la création de l’IUT Grand Ouest Normandie : éloignement des centres de décision, échelon intermédiaire (conseil de pôle) chronophage et bureaucratique, perspective de réduction des effectifs et de « mutualisation » des services, risque de déplacements forcés du personnel, etc. Les listes qui se sont présentées à l’élection du Conseil d’Institut du 8 octobre reflètent d’ailleurs ces inquiétudes légitimes du personnel.

En annonçant la fusion au 1er janvier 2022, le Président a défendu la création d’une seule Université « avec une seule présidence, un seul Conseil d’Administration et un seul Conseil Académique, garantissant subsidiarité au plus près du territoire et relations de proximité ». Tout le monde sent bien le caractère contradictoire de cette formulation : qui peut croire que l’institution d’organes de décision à une échelle supérieure garantira la participation effective des agent.e.s à la vie de l’établissement au plus près de leur quotidien au travail ? Comme cela a pu être observé dans d’autres universités fusionnées ainsi que dans d’autres services publics régionalisés, on assistera à un affaiblissement des principes démocratiques et à un renforcement du pouvoir d’« experts » venus de tous horizons. Cette organisation technocratique est d’ailleurs voulue par la Région et le ministère, au nom de la « simplification » administrative ainsi que de l’attractivité et de la compétitivité des territoires.

Cette tendance globale se retrouve dans la loi de transformation de la Fonction Publique adoptée par le Parlement en août dernier. À la réduction des compétences des Commissions Administratives Paritaires (exclusion des questions de mutation, mobilité, avancement et promotion des agent.e.s) s’ajoute la fusion des Comités Techniques et des Comités d’Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT) dans une seule instance : le Comité Social d’Administration (CSA). On imagine le travail aisé de ces supers-représentant.e.s du personnel dans le cadre d’une seule Université normande… Compte tenu de l’état du « dialogue social » à l’Université de Caen, il n’est pas dit que cette perspective de réduction du contre-pouvoir syndical soit si mal accueillie par l’actuelle direction… si elle est réélue.

Et c’est bien là que réside l’un des enjeux de l’élection aux conseils centraux du printemps prochain. Le personnel de l’Université reconduira-t-il une équipe dirigeante qui a poursuivi la politique de réduction des effectifs, introduit les techniques de management du privé dans l’organisation du travail, imposé la suppression de diplômes, forcé la fusion de composantes et d’universités, restreint l’accès à l’information sur la politique de l’emploi du Comité Technique, empêché l’action autonome du CHSCT sur les conditions de travail…. ?

A suivre ?

SUD Éducation - Solidaires