Coups de feu au lycée Jules Verne : des réponses pitoyables du Rectorat !

Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

communiqué de SUD Education et Solidaires Calvados - Coups de feu au lycée Julles Verne-mars 2021Les faits.

Le vendredi 19 mars 2021, un élève du lycée Jules Verne de Mondeville est entré dans l’établissement avec une arme à feu dans son sac. A la pause de 10h, il est sorti du lycée. Il a alors tiré deux coups de feu (1 en l’air, l’autre en direction d’un camarade) à proximité du lycée et de l’école primaire Paul Langevin. La scène est flmée par un élève de la classe.
L’élève est ensuite revenu au lycée. Convoqué par l’administration pour des faits de violence envers un camarade en début de semaine, il est accompagné dans le bâtiment administratif. Il demande à aller aux toilettes sur le trajet. Il cache alors son arme dans une poubelle à proximité. Alertées, les assistantes d’éducation (AED) cherchent et retrouvent l’arme dissimulée dans un sac. Les surveillantes apportent le sac à l’administration. Lorsque les AED parviennent dans le bâtiment administratif, l’élève (qui attendait devant le bureau) reconnaît son sac. Il se jette sur les AED pour arracher le sac en utilisant la force et en les bousculant violemment. Puis, il s’échappe du lycée. Une AED a été blessée.

 

La réaction du personnel.

Choqué-es par ce grave incident, les professeur-es ont décidé d’exercer leur droit de retrait en déposant dans le registre de danger grave et imminent (RDGI). Un représentant de SUD Education Calvados et membre du comité d’hygiène santé et sécurité académique (CHSCTA) a été prévenu et est aussitôt arrivé sur les lieux. Les personnels se sont donc retrouvés en salle des professeurs et ont attendu en vain l’arrivée de personnels du Rectorat.
La rectrice délègue !
Madame la Rectrice, de par sa mission et en tant que président du CHSCT A, a aussitôt été mise au courant. Elle a refusé que le CHSCT académique se saisisse de l’enquête et a demandé au DASEN du Calvados de le faire avec le CHSCT départemental : les conditions de travail des agent-es de l’éducation nationale n’intéressent apparemment que très peu la Rectrice surtout lors d’actes de violences....Les collègues du lycée s’attendaient à voir débarquer une délégation rectorale avec a minima des psychologues. Rien du tout ! Le représentant du personnel du comité hygiène et sécurité académique appelé par les enseignant·es est sur place et informe les chefes d’établissement qu’il va entendre les collègues. Il est laissé seul pour les écouter et recueillir leur ressenti. Il écoute les personnels toute l’après-midi. A 17h, le rectorat donne l’ordre d’évacuer le lycée car l’élève n’a toujours pas été appréhendé par les forces de l’ordre. Même les élèves qui ont été choqué- es n’ont pu s’exprimer avant de partir en week-end. Tout le monde est donc rentré à la maison avec cette situation traumatisante en tête.

 

Retour lundi : nouveau DGI

Lundi matin, 21 collègues ont décidé de déposer un nouveau droit de retrait en plus des 36 de vendredi. Aucune mesure n’a été mise en place par l’institution pour garantir la sécurité dans l’établissement : ni celle des élèves, ni celle des personnels. En revanche, la cellule d’écoute du rectorat et la commission d’enquête administrative étaient enfin arrivées. Les collègues rédigent un tract qui dénonce « le manque de moyens humains » fragilisant le fonctionnement du lycée, tant au niveau de la vie scolaire que dans leurs classes trop souvent surchargées. De plus, ils soulignent aussi le manque cruel de personnel, pour l’entretien des locaux, le bon fonctionnement du restaurant scolaire, de surcroît en temps de pandémie.

 

Audience du lundi soir.

Une délégation de 3 représentant-es du personnel est reçue vers 18h00 au rectorat. Le DASEN, dans sa grande générosité, a accordé au lycée un demi-poste de CPE, 1 poste d’AED mais pour un mois seulement, ainsi que la présence de l’EMS (= équipe mobile de sécurité) : 4 personnes lundi, 2 mardi et mercredi seulement 1 personne : il faut partager avec d’autres établissements !

 

On pourrait croire à une blague, mais non !

 

 

Depuis lundi les collègues du lycée Jules Verne sont devant le lycée dès 7h30 et nous vous invitons à les rejoindre pour apporter tout votre soutien.

Le syndicat SUD Education Calvados demande à la Rectrice de prendre conscience de la situation délicate dans laquelle est ce lycée notamment avec une montée importante de la violence et de se saisir du sujet. Le syndicat attend des réponses fortes et des moyens importants et pérennes pour obtenir un climat serein, sécurisé et propice au travail, auquel chaque personnels, lycéen·nes et étudiant·es ont droit.


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