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DECLARATION CAPA PLP sur l’avancement
Le 17 décembre 2012

« Refondation dans le second degré : Priorité à l'entreprise et aux Régions » tel pourrait être le titre de cette déclaration ou dans le même esprit « Collèges, lycées et LP au centre de la marchandisation... »


« L’éducation est un levier de compétitivité ! » affirme Jean-Marc Ayrault, d’où la décision n°20 de son « Pacte pour la croissance » nous citons : d’ « Assurer une évaluation permanente de l’adaptation de l’offre des formations aux besoins de compétences des employeurs. » Ainsi les valeurs et les objectifs assignés à l’Education Nationale relèvent avant tout de l’utilitarisme économique.


Deux projets de loi récemment publiés confirment nos craintes et prouvent nos dires…


Le premier projet de loi dite « D’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République » ne remet pas en cause les réformes majoritairement contestées dont celle de la voie professionnelle. Ses effets néfastes jouent à plein. Peu de perspectives sont avancées pour améliorer la réussite des lycéens professionnels. Rien n’est dit sur la remise en place de parcours en 4 ans, sur l’abandon du tout CCF et sur le retour à une évaluation nationale des diplômes de la voie professionnelle.


La formule « La formation professionnelle tout au long de la vie », maintenant appliquée au monde de l’éducation, indique clairement que seuls les objectifs d’employabilité sont essentiels. Les autres paramètres culturels, sociologiques, émancipateurs fondant une éducation, sont devenus secondaires ou n’ont plus d’existence.


Le baccalauréat professionnel est défini comme un diplôme devant prioritairement déboucher sur « l’insertion dans le monde du travail ». Ce n’était pas sa philosophie lors de la création du Bac Pro : il devait permettre à 80% d’une classe d’âge d’atteindre le Bac et de pouvoir prétendre à une poursuite d’études. La réforme en 3 ans a été pensée en réduisant de 1000 heures la formation et en augmentant les périodes de stages en entreprise. Ceux-ci devraient atteindre 24 semaines (deux de plus !) soit 6 mois sur 3 ans dans le projet Peillon ! Les 500 h d’enseignement général ne sont nullement compensées ! Derrière tout ceci apparait clairement la volonté du toujours plus d’entreprise et moins d’école notamment en ce qui concerne l’enseignement professionnel.


Le 15 novembre, le ministre a même promis la création, en 2013, d'un conseil « pour que les chefs d'entreprise soient représentés à l'Education Nationale ». Adapter les formations et les élèves aux besoins des entreprises dès la sixième, organiser un contact des enseignant-e-s avec le monde de l’entreprise au cours de leur formation, poursuivre une gestion des établissements inspirée du privé, serait-ce le « nouveau » crédo du gouvernement socialiste ? Pour nous, éduquer, ce n'est pas tout subordonner à l'employabilité future des élèves, ni développer les valeurs de l'entreprise capitaliste dans l'Ecole. Nous rappelons ici que contre la marchandisation du monde, contre le libéralisme appliqué à l’école publique, nous réaffirmons que l’école n’est pas une entreprise et l’éducation n’est pas une marchandise.


Le deuxième projet de loi dite de « Décentralisation et de réforme de l’action publique » est tout aussi inquiétant car il officialise le transfert aux régions de la carte des formations et de la mise en oeuvre du service public régional de la formation professionnelle. Le rectorat acceptera ou non de mettre les moyens humains nécessaires aux différentes sections. Des sections pourront donc être totalement sous dépendance locale avec du personnel local : les formations en apprentissage en CFA public vont pouvoir se développer…


Cette loi sera donc un moyen pour réduire les formations financées par l'Etat et d'en régionaliser certaines sous le statut de l’apprentissage. Nos inquiétudes sont grandes sur la pérennité des diplômes proposés en dehors des bassins d'emploi et sur l'avenir du statut des personnels dans une décentralisation de l'enseignement professionnel qui ne dit pas son nom.


La situation promise aux COP, qui resteraient sous statut national mais devraient désormais choisir entre un travail en établissement et celui pour adultes sous direction de la région, n'est à l’évidence qu'une étape d'une décentralisation que nous dénonçons. Elle va en effet aggraver les inégalités territoriales et remettre en cause les garanties statutaires des personnels.


Tout ces éléments sont inquiétants pour la formation professionnelle et Sud Education rappelle ici sa volonté indéfectible de défendre une formation professionnelle initiale sous statut scolaire seule à même de former des futurs travailleurs et mais aussi des citoyens à même de discernement et d’émancipation.


Nous mettrons tous nos moyens militants pour nous opposer à ces projets, nous soutenons les mobilisations des personnels qui s’organisent dès maintenant, comme en région parisienne où une manifestation contre cette pseudo refondation aura lieu le 19 décembre.


Télécharger la déclaration