Fédération des syndicats
SUD Education

SUICIDE D'UN ENSEIGNANT : LA SERIE NOIRE CONTINUE !

 

Le jour de la rentrée scolaire 2012, un professeur des écoles, nouvellement affecté dans un lycée (14), mettait fin à ses jours chez lui.


Pour SUD Education Calvados et SOLIDAIRES, cet événement tragique rappelle de façon dramatique la situation de souffrance des personnels de l'Education Nationale qui n'a fait qu'empirer ces dernières années. Les causes ne sont pas à chercher dans la vie personnelle de cet enseignant mais dans l'organisation pathogène du travail :

  • augmentation du nombre d'élèves par classe, notamment en mixant des groupes de formation différente (élèves de L, ES et S ensemble)
  • élèves "difficiles"
  • affectations correspondant à des postes non demandés
  • formation et confrontation d'expériences en collectif trop insuffisantes (ESPE)
  • reconversions sans mise en place de formation continue
  • contre-réformes qui se sont succédées à un rythme accéléré, au gré du libéralisme, sans prendre en compte les effets sur les salarié-e-s.

Pour beaucoup de ses collègues, le manque d’accompagnement et de formation à un métier d’enseignant très différent, conjugué à une haute conscience professionnelle ont généré une souffrance insupportable. Ce, d’autant qu’il venait d’assumer une année avec une classe très difficile qui l’avait épuisé.

 

A l'époque, Sud Education Calvados demandait déjà au rectorat et au ministère de cesser la mise en place d'organisations du travail reconnues comme pathogènes. Malgré de nombreux suicides dans l'Education Nationale, le ministère n'a pris aucune décision pour mettre fin à ces situations. Comme après chaque suicide, le rectorat niait la relation avec le travail et dans ce dernier cas utilisait une cellule dite psychologique pour demander au personnel de rester silencieux sur l'évènement et pouvoir d'autant mieux renvoyer à la sphère privée. Déjà, nous dénoncions cette attitude irresponsable qui refusait de remonter aux causes de l'événement. C'est pourquoi nous avions demandé la tenue d'un Comité Hygiène Sécurité et Conditions de Travail extraordinaire dans lequel nous exigions une enquête pour :

  • recueillir les premiers témoignages qui risquaient de changer après réflexions ... et/ou pressions…,
  • permettre de prendre les mesures adaptées pour que ça ne se renouvelle pas,
  • mettre en cause l'employeur puisqu'il est responsable de la sauvegarde de la santé physique et mentale du salarié, contrepartie du lien de subordination,
  • constituer le dossier accident du travail devant la sécurité sociale.

Le CHSCT s'était alors tenu mais nous n'avions pas pu compter lors du vote pour la mise en place d'une enquête sur le soutien du syndicat majoritaire, la FSU : l'abstention de ses 4 membres (sur 7) bloquant la mise en place, nous ne pouvions à l'époque que le déplorer.


Depuis, nous n'avons eu cesse de revendiquer l'amélioration de nos conditions de travail dans toutes les instances et mobilisations et avons également accompagné la veuve dans ses démarches pour faire reconnaitre la responsabilité de l'employeur. Nous, militants syndicaux étions fondés et légitimes à émettre l'hypothèse dans le cas d'un suicide que les conditions de travail de la victime pouvaient avoir un lien avec son geste. Force est de constater que nous avions raison : le recteur vient d'envoyer la reconnaissance de l'imputabilité au service de ce drame.


C'est dans ce cadre que de nouveau nous demanderons à notre employeur l'ouverture d'une enquête, qui est maintenant de droit, en CHSCT pour qu'enfin cessent ces conditions de travail qui parfois aboutissent à un tel drame.


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