Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Le management décomplexé : briser les collectifs, individualiser la souffrance

 

Nous évoquions, en novembre dernier, dans les « Chroniques de l’Université à l’heure de l’autonomie », la mutation à bas bruit de l’encadrement administratif et la diffusion des logiques managériales dans la formation du personnel de l’Université de Caen Normandie.


De ce point de vue, l’année 2020 commence fort ! Une formation sur deux jours, intitulée « Exceller sous la pression », était programmée les 10 et 11 février. On aurait pu croire à une mauvaise blague de formateur.trice.s accoudé.e.s au comptoir, fatigué.e.s d’endoctriner les salarié.e.s avec les nouvelles techniques de gestion du personnel. Mais non, il s’agit bien d’une formation estampillée « Unicaen » qui a cependant la vertu de condenser en quelques mots l’air du temps managérial : l’« excellence », mantra technocratique qui empoisonne tout le monde et justifie la mise en concurrence de tous et toutes pour des miettes de financement, mais qui génère en effet une réelle « pression » sur les agent.e.s et les équipes. On apprendra notamment dans cette formation le « véritable rôle du stress » au travail, positif à n’en pas douter, ou encore la manière de réguler son état émotionnel avec le fameux STOP (Se Taire et Observer Patiemment – des esprits chagrins seront certainement tentés d’associer le O de l’acronyme à « Obéir »).

 


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Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Chroniques de l’Université à l’heure de l’« autonomie »

 

L’Université de Caen devrait fusionner avec son homologue rouennaise au 1er janvier 2022. Au terme d’un processus imposé de restructuration interne des composantes (Carré International, SEGGAT, HSS, IUT GON), l’équipe dirigeante actuelle, sans mandat, ni réelle concertation, a décidé d’avancer vers la création d’une Université Normande (sans la participation du site havrais). Rappelons en effet que cette perspective de fusion des établissements ne figurait pas dans le programme de la liste sortie majoritaire du scrutin aux conseils centraux en 2016. Ce « passage en force » ressemble à l’adoption des Responsabilités et Compétences Élargies (RCE) à l’Université de Caen, il y a dix ans. L’équipe dirigeante de l’époque, contrairement à ses engagements de campagne, décidait d’anticiper, au cours de l’année 2009-2010, le passage aux RCE, ces dispositions contenues dans la loi LRU qui transféraient aux universités la gestion du budget et de la « masse salariale ». L’histoire bégaie…


Au-delà des promesses qui n’engagent que ceux et celles qui y croient, dix ans après l’adoption des RCE et à l’aube de la disparition de l’Université de Caen, il est temps d’esquisser un bilan de l’« autonomie » imposée aux universités, réforme qui a modifié radicalement l’organisation des établissements publics de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR).

 


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