Le gouvernement impose des réformes sans tenir compte de l'expression des professionnels que nous sommes. Les lettres ouvertes affirment clairement le souci des syndicats face au non respect des professionnels de la Fonction Publique. Elles constituent une mise en demeure devant le refus d’entendre les revendications et attentes des personnels,




Les représentants de la F.S.U.
Et de SUD-EDUCATION
Au C.H.S.A.

à Madame le RECTEUR
Rectorat
14 – CAEN


Objet : DANGER GRAVE et IMMINENT


Madame le Recteur,


Au cours de ce mois, lors de mouvements de personnels et d’élèves, des faits inquiétants nous ont été signalés dans deux lycées caennais : Laplace et Dumont d’Urville.


Dans un internat, des élèves internes auraient été enfermés, à clé, dans des salles, d’autres exclus ce qui aurait amené certains d’entre eux, dont des mineurs, à dormir dans des véhicules.


Un proviseur aurait organisé l’entrée des usagers par une issue de secours.
Notons au passage qu’il appartient à la commission « sécurité », composée des pompiers, de décider si une issue de secours peut être utilisée comme entrée.
Les statistiques ont toujours montré que les accidents se produisaient souvent dans des situations inhabituelles.


Si de telles situations se sont bien produites, la sécurité des élèves n’a pas été respectée.
Nous serions donc amenés à considérer que ces élèves ont pu être placés en situation de DANGER GRAVE et IMMINENT.


C’est pourquoi, dans cette période, nous vous demandons d’enquêter sur la réalité de ces informations et de rappeler aux chefs d’établissements qu’ils demeurent responsables de la sécurité des usagers tel qu’indiqué, notamment, dans le décret 82-453 du 28 mai 1982 et suivants et du B.O.E.N. n° 37 d’octobre 2008.
Lors de la prochaine réunion du C.H.S.A., nous souhaitons que ces problèmes soient mis à l’ordre du jour.


Nous vous prions de croire, Madame le Recteur, en l’assurance de notre dévouement au service public de l’Education Nationale.


Pour la F.S.U.,                                                                             Pour SUD-EDUCATION,
M. Thomine                                                                                 M. Lelarge


Copie à : Parents d'élèves


Télécharger la lettre


 

 

Monsieur le Ministre de l'Education Nationale,


En dépit des dénégations de votre ministère, de plus en plus d’élèves et d’écoles se voient privés du recours aux aides spécialisées. Aux suppressions successives de postes d’enseignants des réseaux d'aides spécialisées aux élèves en difficulté (RASED) s'ajoute le problème du nombre insignifiant de départs en formations spécialisées qui ne permet plus d’assurer le renouvellement des collègues prenant leur retraite. De plus, les conditions d’exercice de ces personnels ne cessent de se dégrader (zones d'intervention étendues, missions restreintes, frais de déplacement non remboursés) et dissuadent à présent les enseignants d’occuper ces fonctions.
Enfin, pour la troisième année consécutive, les aides spécialisées ne figurent toujours pas dans le guide de rentrée adressé aux familles.


Il y a deux ans, l’indignation générale et le soutien des écoles et des parents d'élèves, se sont exprimés fortement par les centaines de milliers de signatures de la pétition « Sauvons les RASED ». Cette mobilisation avait conduit votre prédécesseur à reconnaître publiquement le rôle indispensable des RASED, et à engager des discussions qui ont abouti à limiter les suppressions de postes prévues et à la rédaction de la circulaire de juin 2009.


En mars 2010, un cycle de rencontres entre vos services et les organisations syndicales, les associations professionnelles, les fédérations de parents d'élèves, s'est enclenché, avec pour objectif de « stabiliser les dispositifs, de réfléchir autour du plan de formation pour rattraper le retard pris dans ce domaine, et de dresser un état des lieux de l'implantation des postes ». Il a été interrompu unilatéralement, de façon brutale.


Le courrier du 8 juin 2010, adressé par nos organisations, est resté sans réponse. En revanche, le document interne « Schéma d’emplois 2010-2013 », adressé aux Recteurs d'académies pour préparer la carte scolaire 2011, a suscité à nouveau l’indignation. Les mesures y figurant, sont en totale contradiction avec les engagements précédents.


Les organisations syndicales et associations professionnelles et de parents exigent un réel état des lieux, ainsi qu'une clarification de vos intentions concernant l'avenir des aides spécialisées.


Alors que toutes les préconisations actuelles vont dans le sens d'une réponse précoce aux difficultés au sein de l'école, il est nécessaire de prendre en compte les besoins en personnels spécialisés (départs en formation, postes, frais de déplacement). Prévenir et remédier aux difficultés scolaires, sont des questions qui ne sont toujours pas traitées sur le fond comme l’indiquent les dernières évaluations CE1-CM2. Quel avenir préparons-nous pour ces élèves et pour notre nation si l’Ecole de la République faillit ainsi à sa mission : celle d’une éducation de qualité accessible à tous ?


Nous vous demandons solennellement, Monsieur le Ministre, de rouvrir les discussions sur l'avenir des réseaux d'aides aux élèves en difficulté. Il est important de revoir absolument le nombre de départs en stage CAPA-SH et DEPS qui doit être au moins équivalent au nombre de départs à la retraite et aux postes vacants, condition sine qua non pour le maintien du dispositif des RASED.


Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées.


Les organisations syndicales : CGT Educ’action, Se-Unsa, SIEN-Unsa, Sgen-CFDT, Snpsyen, Snudi FO, Snuipp, Sud Education
Les associations professionnelles : AFPEN, FNAME, FNAREN, ANCP avec le soutien de l'AGSAS.


Télécharger la lettre


 


Jeudi 7 octobre 2010


Monsieur le Ministre,


allez-vous laisser disparaître la moitié des Centres d’Information et d’Orientation ?


Les organisations syndicales nationales SNES-FSU, CGT Educ’action, SUD éducation, SNFOLC, SGEN-CFDT et SE-UNSA se sont réunies le 30 septembre. Elles tiennent, à nouveau, à vous alerter, Monsieur le Ministre, sur la situation extrêmement préoccupante du réseau des Centres d’Information et d’Orientation (CIO) sur l’ensemble du territoire.


La décision de plusieurs Conseils Généraux de ne plus financer les dépenses de fonctionnement des CIO départementaux, qu’ils assimilent à de nouveaux transferts de charge, met les services en grande difficulté pour remplir leurs missions. Mais force est de constater que l’attitude des rectorats n’a pas consisté à rechercher tous les moyens de préserver le potentiel de services de proximité que représentent les CIO. Bien au contraire, vos services demandent aux Recteurs de s’engager dans une politique de « restructuration » du réseau qui se traduit sur le terrain par des fermetures et des fusions de CIO sans grande attention pour le service rendu aux usagers, en particulier aux jeunes et à leur famille.


Ainsi, en Saône-et-Loire, sur les sept CIO que comptait le département seuls trois subsistent. Devant les réactions d’opposition des élus, des enseignants et des parents, c’est dans l’urgence que les directeurs des autres CIO ont été chargés de trouver des solutions d’hébergement « gratuites ». Mais des postes de personnels administratifs indispensables à l’accueil du public ont été supprimés, certains locaux sont inadaptés et les conditions de travail de nos collègues sont désastreuses. Ceux-ci font, en cette rentrée, la douloureuse expérience d’avoir à se battre seuls pour défendre les conditions minimales de l’exercice de leur mission de service public.


Dans plusieurs départements dont la Seine-Maritime, le Nord, le Tarn, le Cher, l’Ille-et- Vilaine, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle, les Conseils Généraux ont annoncé leur intention de ne plus contribuer aux frais de fonctionnement et de loyer des CIO dont ils avaient la charge, dès Janvier 2011. Dans d’autres départements, des projets sont à l’étude mais les personnels et leurs élus en sont rarement informés. Des rumeurs insistantes font état de la fermeture d’un CIO sur deux, soit 250 environ.

A plusieurs reprises, Monsieur le Ministre, vous avez réaffirmé votre souci de l’amélioration de l’orientation des élèves et l’engagement déterminé de l’Etat pour y parvenir. Nous ne pouvons donc accepter que le réseau des CIO, premier service public pour l’accueil, l’information et les conseils sur la scolarité et l’orientation, soit ainsi réduit de moitié, au prétexte que le service dématérialisé se met en place.


Les collégiens et les lycéens ont exprimé à plusieurs reprises dans diverses consultations leur souhait de pouvoir rencontrer plus souvent les conseillers d’orientation-psychologues dans leur établissement ou au CIO. Les familles veulent, à juste titre, être plus étroitement associées à la scolarité et à l’orientation de leurs enfants. Comment pourront-ils être mieux entendus s’ils ne disposent plus de CIO dans leur district scolaire et doivent parcourir parfois plus de 50 kilomètres pour en trouver un ?


Cette « réorganisation » du réseau survient au moment où le Délégué à l’Information et à l’Orientation va proposer les modalités de mise en application de la loi de Novembre 2009 sur l’orientation et la formation professionnelle tout au long de la vie. Nos organisations adhèrent au principe que tout salarié puisse bénéficier pour ses projets de formation ou de reconversion d’interventions de qualité assurées par le service public. Mais elles contestent le refus de prendre en compte la spécificité du public adolescent, en formation initiale. Elles dénoncent les tentations de regroupement de personnels de qualifications et de formations différentes, dans des structures uniques, fonctionnant avec des accueils polyvalents, non adaptés à la diversité des publics. Plusieurs expériences récentes devraient pourtant inciter à la prudence.


Par ailleurs, la traduction des travaux du groupe de travail ministériel risque d’aboutir à une réécriture du décret statutaire et à une redéfinition complète des missions.


Les organisations syndicales, soussignées, vous demandent solennellement, Monsieur le Ministre, de ne pas laisser démanteler le réseau des CIO et de les recevoir afin d’examiner les moyens de le préserver et de le promouvoir. Elles vous prient de croire, Monsieur le Ministre, à l’assurance de leurs salutations respectueuses.


Télécharger la lettre



Fédération des syndicats
SUD Education

Déclaration au Conseil Supérieur de l'Education jeudi 30 septembre 2010

M. Le Ministre,
Mmes et M. les membres du Conseil Supérieur de l’Éducation Nationale,

Lire la suite...


LETTRE OUVERTE


Monsieur le Président de la République,
Monsieur le Premier Ministre,
Mesdames et messieurs les membres du gouvernement,
Mesdames et messieurs les députés,
Mesdames et messieurs les sénateurs,


Le 9 septembre 2010


Les salariés se sont mobilisés dans des proportions exceptionnelles le 7 septembre 2010 à l’appel des organisations syndicales. Le caractère injuste et inefficace de la réforme des retraites à l’examen en ce moment au parlement malgré nos protestations est à l’origine du conflit en cours. Cette réforme va aggraver les inégalités sans répondre aux enjeux de long terme. La méthode utilisée qui a consisté pour l’essentiel à recevoir les syndicats sans jamais réellement les entendre a contribué à accroître les tensions.


Les annonces du 8 septembre 2010 qui se veulent une réponse aux mobilisations ne modifient pas la logique globale de la réforme proposée. Les injustices demeurent. Le calendrier précipité ne permet pas d’être entendus.


Le recul de l’âge d’ouverture du droit à la retraite de 60 ans à 62 ans, combiné à l’augmentation simultanée de la durée de cotisation, va fortement pénaliser les salariés, et plus particulièrement tous ceux qui ont commencé à travailler jeunes, qui seront amenés à contribuer plus que les autres au financement du système sans acquérir le moindre droit supplémentaire.


Le recul de l’âge du taux plein de 65 ans à 67 ans va durement aggraver la situation des salariés qui ont eu des parcours professionnels morcelés, en particulier les femmes dont près de 30% font valoir aujourd’hui leurs droits à la retraite à 65 ans pour éviter une pénalité sur leur pension et ceux qui sont conduits à entrer tardivement sur le marché du travail.


Ce report des âges légaux va entraîner un prolongement du chômage pour les nombreux salariés qui ne sont plus en activité lorsqu’ils partent à la retraite ce qui les pénalisera financièrement tout en reportant les charges financières sur d’autres comptes sociaux.


La pénibilité du travail n’est pas reconnue dans ses conséquences sur l’espérance de vie des salariés qui y ont été exposés.


Les fonctionnaires se voient imposer une hausse drastique du taux de leur cotisation, en période de gel des salaires, conduisant à une baisse importante et injuste de leur pouvoir d’achat.


Au total, le projet de loi de réforme des retraites fait reposer l’essentiel de l’effort sur les salariés, ne répond ni aux questions d’emploi, en particulier des jeunes et des seniors, ni à la résorption des inégalités ni au besoin de financement. Les salariés devraient accepter de payer la facture de la crise financière et économique dont ils ne sont pas responsables. Cette réforme est donc inacceptable.


Pour toutes ces raisons, au nom des salariés nous vous demandons solennellement d’entendre le point de vue des organisations syndicales dans la perspective de définir un ensemble de mesures justes et efficaces pour assurer la pérennité du système de retraites par répartition.


Dans ce contexte le vote de ce projet dans sa logique actuelle n’est pas d’actualité.




Télécharger la lettre ouverte