Déclaration de SUD Éducation Basse-Normandie et Solidaires

 

au CHSCT-A du 11 février 2021

Madame la Présidente du CHSCT A,

 

Les personnels en ont assez de cette école de la maltraitance dans laquelle les personnels, à bout, sont méprisés et mal payés. L’administration leur refuse les moyens pour enseigner et pour les aider à accompagner les élèves dans leurs difficultés. La modification du protocole sanitaire applicable dans les écoles et les établissements, alors que les variants du virus accroissent les risques de contaminations, ne protège toujours pas les personnels ni les usagers. Pour preuve, les masques confectionnés à la maison ne sont plus autorisés, et pourtant il n’est toujours pas prévu de fourniture massive et gratuite de masques adaptés aux élèves. Alors, que décide le ministre pour participer à l’effort collectif pour enrayer la pandémie ? Il supprime des postes, il augmente le pouvoir d’achat en acculant les personnels à agréger les heures supplémentaires, il oblige ainsi les personnels à être plus présents donc à porter le masque plusieurs heures par jour, à gérer les gestes barrières et des élèves et les siens. Bref, il détériore les conditions de travail des personnels, ce qui va à l’encontre du code du travail, ce qui est donc condamnable devant un tribunal. Le protocole sanitaire de la restauration scolaire est lui aussi renforcé, mais sans moyens supplémentaires. Ainsi, en collège, le refus de l’administration de procéder aux dédoublements nécessaires conduira nécessairement, si le protocole est réellement appliqué, à de longues files d’attente ou une difficulté accrue d’accès à la restauration scolaire.


En école pré-élémentaire, un diagnostic positif dans une classe devra entraîner la fermeture de la classe entière, car les élèves n’y portent pas de masque. Mais les tests PCR sont rarement effectués en raison de leur caractère intrusif et aussi parce que les politiques de tests massifs ne concernent pas les enfants de moins de 6 ans. Pire, le ministère ne prévoit aucun déploiement de matériel pour les tests antigéniques, contrairement à sa promesse maintes fois renouvelée.


Au collège et au lycée, la fermeture d'une classe ne sera possible que si l’ARS est informée que l’un des élèves testé positivement est contaminée par une forme variante de la Covid-19. Le ministre sait pourtant parfaitement que pour déceler le variant, il faut procéder au séquençage intégral du virus contenu dans l’échantillon. Or les services de santé, contrairement à d’autres pays, n’ont en aucun cas les moyens de procéder au séquençage systématique. Cette mesure ne sera donc vraisemblablement pas appliquée de manière générale.


SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation qui continue d’accueillir dans des circonstances difficiles l’ensemble des élèves du pays, avec un volet sanitaire pour lutter contre l’épidémie de la covid-19 ainsi que les moyens nécessaires à la mise en œuvre d’une véritable prévention de l’épidémie.


Depuis l’instauration des CHSCT, et cela est encore plus criant dans ce contexte de crise sanitaire aiguë, SUD Education n’a eu cesse de dénoncer l’incurie en matière de santé et de sécurité au travail. Qu’en est-il aujourd’hui ? Voici un inventaire à la Prévert des oubliés du covid, les RSST qui débordent de messages d'agressions verbales ou physiques tout en respectant les gestes barrières il va sans dire! Les bâtis qui se dégradent et qui restent dans leur décrépitude à cause ou grâce au covid ! Le mépris affiché du ministre qui dit maîtriser la crise et qui "en même temps" ferme à qui mieux mieux des classes, supprime des postes. Mais alors, comment respecter les gestes barrières quand les classes sont bondées, les élèves entassés méprisés ? Des élèves qui, quels que soient les parcours, seront les électeurs et électrices de demain.


Soyez assurée, Madame la Présidente, de notre attachement au service public de l’Éducation Nationale ainsi qu’aux conditions de travail et de santé des personnels.

 


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Déclaration de SUD Éducation Basse-Normandie et Solidaires

au CHSCT-A
du 28 janvier 2021

 

Déclaration Sud Éducation Basse Normandie CHSCT-A du 28 janvier 2021

 

Madame la Présidente du CHSCT A,

 

Depuis le début de cette crise sanitaire, l’Éducation Nationale montre son incapacité à adapter son fonctionnement pour protéger les personnels et les élèves de la menace épidémique. Les alertes ont pourtant été nombreuses depuis le printemps dernier et renouvelées depuis la rentrée 2020. Néanmoins, l'ensemble des personnels bombardés d'injonctions contradictoires et sans équipements de protection réellement adéquats et dans des conditions de travail détestables, ont continué leur service. Alors que le virus et ces variants méconnus, touchent des élèves et des enseignant·es ainsi que des personnels territoriaux, nous entendons dire que « la situation dans les écoles est satisfaisante ». Quel mépris envers les personnels d'affirmer un tel mensonge !!!

 

Non, la situation dans les écoles ne peut être satisfaisante quand les personnels absents ne sont pas remplacés faute de remplaçant·es.

 

Non, la situation dans les écoles ne peut être satisfaisante quand des élèves avec une notification MDA se trouvent sans AESH. Non, la situation dans les écoles ne peut être satisfaisante quand de nombreux cas positifs sont signalés dans une école et que celle-ci est maintenue ouverte au détriment de la santé des usagers et des personnels.

 

En effet le DGI récemment exercé par les agent·es de l’école Jean ZAY du nord cotentin met en exergue à quel point les personnels sont déconsidérés, méprisés par leurs hiérarchies. Que dire du collège la Bucaille à Cherbourg ? Le but n’est pas de trouver le meilleur moyen de propager le virus mais bien de l’éradiquer. Nous connaissions historiquement la chair à canon, capitalistement la chair à patron, et maintenant nous découvrons la chair à Macron. Aussi nous condamnons cette tendance à vouloir reporter la responsabilité des atteintes à la santé des travailleurs sur la vulnérabilité de ces derniers et sur leur propre responsabilité. C'est une remise en question du droit fondamental des hommes et des femmes à qui ont interdit l'éventualité d'être en danger dans leur activité de travail ou d'être menacé·es dans leur intégrité physique et psychique à cause de leurs conditions de travail.

 

Et dans les mois à venir, la situation dans les écoles ne sera pas plus satisfaisante car si le gouvernement additionne des sommes colossales pour « sauver » l'économie, a contrario le ministre de l'Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports additionne les soustractions des moyens pour plonger le service public d'éducation dans des conditions de travail inacceptable. Alors qu’il faudrait plus de personnels pour assurer la continuité du service publique, le ministre annonce la fermeture de 1500 postes en France soit 10% pour notre académie de Caen. Enfin, les épidémiologistes s’inquiètent logiquement de la situation scolaire et du brassage qui en résulte. Pourtant dans de nombreux EPLE et de nombreuses écoles le protocole sanitaire se résume au port du masque, à l’aération des fenêtres, à la distribution de gel hydroalcoolique et à un brassage limité si possible. En tant que garante de notre santé, la question des masques doit également vous interroger. Tout d’abord, les personnels n’ont pas tous reçu de nouveaux masques. Ensuite, le cas du variant britannique inquiète car nos masques en tissu ne seraient plus adaptés. En effet, aucune communication n’a été faite tant pour les personnels à risque que pour les autres. Alors quid des nouveaux masques ?

 

Soyez assurée, Madame la Présidente, de notre attachement au service public de l’Éducation Nationale ainsi qu’aux conditions de travail et de santé des personnels.

 


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Déclaration de SUD Éducation

au Comité Académique de l’Éducation Nationale

du 7 décembre 2020

 

 

 

 

Depuis le dernier C.A.E.N., un terrible évènement est survenu : notre collègue Samuel Paty a été atrocement assassiné le 16 octobre par un intégriste islamiste et nous tenons à exprimer toute notre horreur face cet assassinat et tout notre soutien à sa famille, ses proches, ses collègues, ses élèves actuel-les et passé-es.

 

Nous exprimons notre rejet le plus clair du fanatisme religieux, en l’occurrence islamiste, et de toute division de la population sur des bases religieuses, ethniques, racistes.

 

Samuel n'est pas un « martyr de la République ». C'était un enseignant qui exerçait son métier et sa mission de service public : transmettre des savoirs, éduquer à l’esprit critique, œuvrer à l’émancipation de la jeunesse.

 

Alors que l'enquête est toujours en cours concernant l'enchaînement des faits et que la transparence doit être faite sur d’éventuelles défaillances de l'institution, nous refusons toute récupération de sa mort par le gouvernement. Nous dénonçons les larmes de crocodile à l'égard des enseignants et enseignantes, qui ne servent qu'à mieux les instrumentaliser pour les forcer à l'union sacrée derrière un gouvernement qui casse l'Éducation tous les jours de l'année.

 

Le ministre de l’Éducation prétend défendre la liberté d'expression, alors que sa « loi pour une école de la confiance » vise à museler la liberté d'expression des personnels, et alors que la même semaine se tenaient à Poitiers les conseils de discipline de quatre collègues suite à leur grève contre les E3C. Il prétend défendre la laïcité, tout en renforçant les financements de l'enseignement privé, en baissant le recrutement des professeur-es dans le public mais pas dans le privé. Il prétend être à nos côtés, alors que Christine Renon n'a pas eu droit aux « honneurs de la République ».

 

Nous dénonçons l'instrumentalisation de l'assassinat de Samuel Paty pour attiser les divisions racistes, notamment à l'encontre des personnes musulmanes, d'origine tchétchène ou des habitants et habitantes des quartiers populaires, pour justifier des attaques contre notre liberté d'expression, pour accélérer le passage de la loi Avia ou de la loi contre le « séparatisme ». Nous dénonçons le jeu sordide de la part du gouvernement avec la mort de collègues, comme Christine Renon hier et Samuel Paty aujourd’hui. Nous nous opposerons à toute tentative de discrimination selon l'opinion ou de répression contre les personnels, les élèves et leurs familles.

 

Nous dénonçons la multiplication des injonctions anti-pédagogiques, l’offensive idéologique de Blanquer via son « cadrage national », et l'utilisation de caricatures non comme support pédagogique mais comme arme idéologique. Le rôle de l’Éducation Nationale pour nous est de prévenir activement toute stigmatisation. C'est à nous, personnels de l'Éducation, de décider des formes pédagogiques appropriées.

 

Ce dont a besoin l'Éducation, ce n'est ni d’un numéro vert, ni d’un recueil de caricatures au CDI, ni de député-es dans les écoles, ni de davantage de policiers ou policières devant nos établissements, ni même de décorations à titre posthume pour notre collègue.

 

L’Éducation a besoin de moyens à la hauteur de sa mission de service public, de l'arrêt des suppressions de postes et du démantèlement de l'Éducation prioritaire, d'un plan d'investissement d'urgence, d'embauches massives de personnels de toutes catégories (d'enseignement, de vie scolaire (les AED étaient d’ailleurs en grève ce mardi 1er décembre), d’accompagnant-es aux élèves en situation de handicap, d’agent-es techniques territoriaux/ales pour les établissements scolaires, de médecine scolaire et de prévention, d’administration et d’assistance sociale, etc.), et que ces personnels soient respectés, soutenus et protégés pour pouvoir exercer leurs métiers dans des conditions de travail sûres et sereines.

 

Mais comme si la coupe n’était pas assez pleine, nous avons appris par voie de presse que le ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer, des hauts fonctionnaires proches de lui au Ministère comme dans les Rectorats notamment Jean Michel Huart, auraient été directement impliqués dans la création d’Avenir-lycéen en instrumentalisant des lycéens et lycéennes mineur-es et en portant atteinte aux libertés démocratiques, syndicales et associatives. Ces agissements touchent aux fondements même de la démocratie et des valeurs de la République. Le ministre et le gouvernement ne peuvent, d’un côté, faire de grands discours sur la transparence et l’exemplarité, et dans les faits s’exonérer de ces impératifs.

 

Nous exigeons donc promptement les suspensions suivantes de leur fonction : celle du ministre Jean- Michel Blanquer et celle du recteur de l'académie de Nancy-Metz, Jean-Michel Huart.

 

Pour finir, puisque le C.A.E.N. est censé être présidé par monsieur le préfet de la région Normandie, nous tenons à dénoncer toutes les évacuations de squats notamment sur Caen qui ont eu lieu ces derniers mois, et qui ont eu pour conséquence de jeter à la rue des dizaines de familles avec des enfants en bas âge. Ces mises à la rue, aggravées par la crise sanitaire, touchent des gens parmi les plus précaires et les plus démunis. Quoi de plus cruel que de voir nos élèves de la maternelle au lycée venir en classe fatigué·es, affamé·es, inquiet·ètes et tristes, sous les yeux de leurs camarades de classe. En tant que professeur-es mais aussi pères et mères de famille comment pouvons-nous expliquer à nos élèves, à nos enfants, de tels agissements ? L’État et ses représentant·es, dont vous M. le préfet, doivent aussi être là pour épauler les plus fragiles. Ce n’est pas ce que vous nous montrez, pour nous la solidarité fait partie de la démocratie que nous voulons.

 


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