Déclaration de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Violences hiérarchiques et petits arrangements :
lutter contre ces maux qui minent la démocratie et l’égalité à l’Université

 

 

 

 

Organisation atypique de la Fonction Publique d’État, l’Université en France est régie selon le principe de collégialité, c’est-à-dire du gouvernement par les pairs des activités pédagogiques et scientifiques. Cette spécificité tend à être remise en cause par les processus de centralisation et de managérialisation ayant suivi l’adoption de la mal nommée loi d’« autonomie » des Universités en 2007, concentrant le pouvoir de décision dans les mains de l’équipe dirigeante (et de son Président) et réduisant les capacités de délibération des composantes.

 

En dépit de ce virage vers une Université entrepreneuriale et managériale, nombre de collègues sont attaché.es à leur collectif de travail local et essaient de faire vivre au quotidien la démocratie dans l’organisation de leurs activités. Cela dit, la défense légitime de l’autonomie des composantes ne doit pas consister à fantasmer un retour nostalgique à un passé enchanté – qui n’a du reste jamais existé – ni à occulter les pratiques détestables actuelles qui alimentent précisément les discours contre la collégialité.

 

Au premier rang de ces relations de travail délétères figurent les brimades voire les violences hiérarchiques, s’appuyant sur les différenciations statutaires, entre enseignant.es (chercheur.es) et agent.es BIATSS, mais aussi entre titulaires et précaires, relations qui confinent parfois à la servitude et au mépris.

 


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Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Vers un état des lieux des restructurations à l'Université de Caen Normandie ?

 

 

 

 

Enjeu de la campagne électorale lors du renouvellement des conseils centraux de 2020, la fusion des universités normandes a été pour un temps abandonnée après la défaite de son principal promoteur. Rapprochement qui aurait assurément bouleversé l’organisation des universités, ce projet s’insérait dans un processus plus large de restructuration interne des composantes. Conformément aux objectifs fixés par les précédentes équipes dirigeantes, il s’agissait de « moderniser la gouvernance » de l’établissement et de faciliter le « pilotage stratégique » des composantes par l’administration et la direction centrales. Durant plus d’une décennie, on a ainsi vu fleurir des réorganisations de services centraux, de services communs, mais aussi d’UFR et d’IUT.

 

Si ces regroupements ont permis de simplifier les dialogues de gestion pour la direction, ils ont eu pour conséquences de décentraliser partiellement le rapport de force et d’internaliser la concurrence pour les ouvertures de postes au sein des composantes. Ainsi, les départements doivent désormais s’accorder au préalable sur un classement des besoins à faire remonter à la direction, accentuant les tensions entre collègues. Les fusions ont par ailleurs développé la bureaucratisation des composantes en alourdissant les procédures de délibération et en éloignant les lieux de décision des collectifs de travail. Exemple caricatural, car rassemblant des sites distants, l’IUT Grand Ouest Normandie (GON) montre une architecture institutionnelle bien peu démocratique, et extrêmement chronophage pour les responsables de département et de pôle. Les restructurations internes à l’établissement ont été aussi l’occasion d’accentuer la tendance à la mutualisation de l’administration de composantes, manière euphémisée de désigner la réduction des effectifs du personnel. La progressive disparition des scolarités de département dans les UFR fusionnées tend à laisser la place à des pôles administratifs transversaux aux missions élargies avec des moyens réduits. Une réorganisation qui a des implications désastreuses sur le métier des gestionnaires, mais aussi sur le service de proximité rendu aux usager.es.

 


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Communiqué de SUD Éducation Calvados et Solidaires

Pas d’extrême droite sur nos campus, ni ailleurs !

 

 

 

 

Depuis quelques mois, l'Université de Caen Normandie connaît une recrudescence des marques de l’extrême droite (tags, autocollants et affiches) sur le campus 1. D’ordinaire plus discrète, la présence de ces militant.es se fait de plus en plus visible et menaçante. Nous avons reçu des témoignages d'étudiant.es ayant été victimes d'intimidations voire d’agressions alors qu’ils et elles collaient leurs propres affiches ou tentaient d’enlever ces marques réactionnaires. Cette situation n’est malheureusement pas nouvelle. Déjà l’année dernière, nous avions observé une multiplication des inscriptions inspirées du Groupe Union Défense (GUD), une association d’étudiant.es de l’extrême droite violente, habituée aux ratonnades et aux attaques du mouvement social dans les années 1970.

 

Dans un contexte où le « débat public » laisse toujours plus de place aux thématiques racistes et sécuritaires, il semble que certaines organisations étudiant.es se radicalisent elles aussi. Des affiches et des autocollants de l’Union Nationale Inter-universitaire (UNI), parfois accompagnés de symboles fascistes, sont de plus en plus fréquemment collés sur le campus 1, que ce soit sur les panneaux extérieurs et intérieurs ou sur les portes des locaux syndicaux des étudiant.es et du personnel. Pour rappel, l'UNI est une organisation créée à la suite de mai 68, sur des orientations réactionnaires et antisociales, qui a mené par le passé des actions violentes communes avec le GUD. Un temps lié.es aux Jeunes Républicains, certain.es de ses membres semblent aujourd'hui se tourner vers Zemmour, nouvelle coqueluche des nationalistes, réactionnaires, misogynes, racistes, etc. Leurs militant.es n’hésitent plus à diffuser maintenant des affiches et des autocollants reprenant les théories fantasmées de l’extrême droite sur l'« islamo-gauchisme » ou l’« ensauvagement » de la société.

 


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