Depuis plusieurs années, nous constatons et dénonçons les agissements croissants de l’extrême droite étudiante à l’Université de Caen Normandie. Outre les arrachages répétés d'affiches antiracistes et les tags royalistes ou néo-nazis sur les murs des bâtiments du campus 1 (et plus spécifiquement sur les portes des locaux syndicaux), des agressions de la part de militant·es de l’UNI ont eu lieu lors des élections aux conseils centraux en octobre dernier. L’une de ces agressions visait un collègue enseignant chercheur qui a obtenu la protection fonctionnelle de l’établissement et qui a décidé de porter plainte contre les militant.es de ce « syndicat ». En février, alors qu'une mobilisation étudiante est en cours contre la casse du service public de l’enseignement supérieur à Caen (mais aussi dans d’autres universités), un étudiant proche de l’UNI a fièrement effectué un salut nazi face aux manifestant·es dans le bâtiment D du campus 1. La direction de l’ENSICAEN (où est inscrit l’étudiant) indique avoir convoqué une section disciplinaire et, comme la direction de l’Université de Caen, avoir effectué un signalement au Procureur de la République (source : France 3 Régions). Dernier fait en date : un membre de cette organisation et ancien militant de Génération Zemmour, élu au CA de Normandie Université, a posté une publication raciste sur son compte Instagram. A propos du droit du sol dans la Constitution, il écrit : « La provenance ne compte guère, seule la Race compte, on naît français ». Comme cela a pu être documenté également dans d’autres universités, plus aucun doute n’est permis sur l’idéologie de cette organisation, ce qui pose la question de son existence au sein de notre établissement…
L’UNI n’est malheureusement qu’une des composantes de cette galaxie d’extrême droite, dont les frontières sont poreuses, facilitant ainsi l’appartenance des adhérent.es à plusieurs organisations. Il y a quelques semaines, des militant.es du RN Jeunesse se sont mis.es en scène en train de coller des affiches sur la campus 1 pour soutenir leur candidate, condamnée, rappelons-le, pour détournement de fonds publics à 4 ans de prison, dont 2 ans ferme aménageable sous bracelet électronique, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire. Récemment, nous avons appris la tentative de création du collectif Némésis dans l’agglomération caennaise. Chère au ministre de l’intérieur, cette organisation, qui se prétend féministe, n’est en réalité qu’un moyen d’essayer de surfer sur les aspirations des femmes à la justice sociale pour en réalité prôner leurs obsessions identitaires et anti-immigré·es. Il y a quelques jours, la Cocarde étudiante, autre groupuscule étudiant d’extrême droite, a organisé près de Caen une conférence d’Académia Critiana, cet institut de formation chrétien intégriste. L’invité, engagé dans la « manif pour tous », est proche des réseaux du GUD et de la mouvance néo-fasciste. A la suite de cette soirée, une dizaine de militant.es de cette mouvance a tenté d’intimider la clientèle d’un bar associatif de Caen. Sur les photos et les vidéos prises par les client.es et les passant.es, il est possible d’identifier les militantes du RNJ, membre également de la Cocarde étudiante et de Némésis, toutes sourire, lorsque leur camarade crient « Caen est nazie » ou font des saluts hitlériens. Diffusée dans un premier temps par une organisation antifasciste caennaise, l’information a été relayée dans les médias : Libération ou France 3.
Cette recrudescence des actions d’extrême droite s’inscrit notamment dans une stratégie globale des organisations fascistes (et de leurs milliardaires) cherchant à investir le champ de l’éducation afin de conquérir des segments de la jeunesse.
Il est de la responsabilité de l’Université et des agent.es, BIATSS comme enseignant.es (-chercheur.ses), de maintenir leur vigilance face à ces tentatives d’implantation de l’extrême droite sur nos campus (et dans l’agglomération caennaise).
S’il était besoin de le rappeler, le racisme et l’apologie du nazisme ne sont pas des opinions, ce sont des délits !
Les digues antifascistes face à une menace chaque jour plus concrète doivent être reconstruites et renforcées !
SUD Éducation – Solidaires
